Calcul des plus-values crypto : la méthode officielle
Décryptage de la formule de l'Article 150 VH bis du CGI, avec des exemples concrets pour comprendre comment la France taxe vos crypto-actifs.
La formule de base
L'Article 150 VH bis du Code général des impôts définit la formule suivante pour le calcul de la plus-value lors de chaque cession d'actifs numériques :
Quatre variables entrent en jeu. Chacune a des subtilités qu'il faut comprendre pour éviter les erreurs.
Les quatre variables
1. Prix de cession net
C'est le montant en euros que vous recevez lors de la vente, diminué des frais de cession (commissions de l'exchange, gas fees payés en fiat, etc.). Si vous vendez 1 ETH à 3 000 € avec 10 € de frais, votre prix de cession net est 2 990 €.
2. Prix total d'acquisition du portefeuille
C'est la somme de toutes les dépenses en euros que vous avez engagées pour acquérir des crypto-actifs, depuis le début de votre activité. Point crucial : ce montant est diminué proportionnellement à chaque cession antérieure.
Si votre prix total d'acquisition est 10 000 € et que vous cédez 20 % de la valeur de votre portefeuille, alors le prix d'acquisition résiduel pour les cessions suivantes sera de 8 000 €.
3. Valeur globale du portefeuille
La valeur de marché de l'ensemble de vos crypto-actifs au moment précis de la cession. Pas juste l'actif que vous vendez — la totalité. Si vous détenez du BTC, de l'ETH et du SOL, il faut connaître le cours des trois au moment de chaque vente.
C'est la variable la plus contraignante à calculer. Elle change à chaque opération et nécessite les cours historiques de tous vos actifs à chaque date de cession.
4. La soulte (cas rare)
En cas d'échange avec soulte (vous recevez de la crypto + un complément en fiat), la soulte s'ajoute au prix de cession. Dans la pratique des particuliers, ce cas est marginal.
Un exemple concret
Prenons un scénario simple pour illustrer le mécanisme.
Prix total d'acquisition = 50 000 €
Prix de cession net = 19 950 €
Valeur globale = 40 000 + 25 000 = 65 000 €
Calcul : 19 950 − (50 000 × 19 950 / 65 000) = 19 950 − 15 346 = +4 604 € de plus-value
Nouveau PTA = 50 000 − (50 000 × 19 950 / 65 000) = 50 000 − 15 346 = 34 654 €
Ce sera le PTA utilisé pour la prochaine cession.
Pourquoi ce n'est pas du FIFO
Contrairement aux États-Unis (FIFO / LIFO / specific identification) ou à l'Allemagne (FIFO), la France ne raisonne pas actif par actif. Elle considère l'ensemble du portefeuille crypto comme un bloc unique, avec un coût d'acquisition global.
En pratique, cela signifie que si vous avez un portefeuille très diversifié (20 tokens différents), chaque vente d'un seul token déclenche un calcul qui prend en compte la valeur de l'ensemble des 20 tokens à cette date. C'est ce qui rend le calcul manuel quasi impossible dès que le volume d'opérations augmente.
Les cas particuliers
Les swaps (crypto → crypto)
Un swap ne déclenche pas de plus-value. Mais il modifie la composition du portefeuille, donc la valeur globale lors des cessions futures. Il faut le tracer pour que le calcul reste correct.
Le staking et les revenus
Les rewards de staking, mining ou lending sont des revenus qui s'ajoutent à vos holdings. Selon la position administrative actuelle, ils sont valorisés à 0 € au moment de la réception (pas de coût d'acquisition). Ils augmentent la valeur globale du portefeuille sans augmenter le prix total d'acquisition — ce qui augmente mécaniquement la plus-value lors des cessions suivantes.
Les airdrops et forks
Même logique que le staking : acquisition à titre gratuit, coût d'acquisition nul. Ils gonflent le portefeuille sans augmenter le PTA.
Ce que SéCession automatise
SéCession applique cette formule à chaque cession en recalculant automatiquement le prix total d'acquisition résiduel et la valeur globale du portefeuille. Il gère les swaps (modification de composition sans plus-value), les revenus (ajout au portefeuille à coût nul), et les transferts (ignorés par le moteur fiscal). Le tout tourne dans votre navigateur — aucune donnée ne transite par un serveur.